À la découverte des volcans Chiliens

Vuarnet Day #20

Lorsque l’on pense au Chili, ce n’est pas forcément le ski qui nous vient à l’esprit en premier. Pourtant, il y a quelques mois, Stéphane Guigne et Étienne Merel n’ont pas hésité bien longtemps avant de traverser le monde quand l’occasion de faire un ski trip s’est présentée. Au programme 1500 kilomètres de route à travers les volcans du pays, une odyssée entre neige et jungle avant de terminer aux pieds de l’océan Pacifique. Une aventure pendant laquelle ils ont pu essayer notre nouveau modèle Vuarnet Ice en conditions réelles.

Crédit Photo : Stéphane Guigné

Salut, Stéphane, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai grandi dans les Alpes dans une famille dont la philosophie est de vivre un maximum d‘expériences. On a donc passé beaucoup de week-ends à crapahuter en montagne. J’ai très vite continué à appliquer cela avec les copains que ce soit pour faire du roller ou du ski puis finalement pour voyager. J’ai commencé à m’intéresser à la photo et à développer mon sens critique lors de mes études supérieures à Paris. Un de mes colocataires était un vrai passionné de photo argentique. Avec lui, j’ai développé cette passion de la prise de vue à la chambre noire. J’ai ensuite quitté Paris pour le Canada pour travailler et découvrir un continent que je connaissais peu. Aujourd’hui, je suis revenu dans mes montagnes à Grenoble, point de départ de toutes mes aventures. Quoiqu’il arrive, lorsque je sors de chez moi, que ce soit pour skier ou partir en voyage, mon appareil est le premier élément que je mets dans mon sac.

À la fin de l’été dernier, vous avez passé une dizaine de jours au Chili avec Étienne Merel, qu’est-ce qui a motivé cette destination ?

Nous étions très motivés à l’idée de rejoindre Nathan et Sophie, un couple d’amis partit en tour du monde à vélo. Il se trouvait en Bolivie pour leur dernier mois sur le continent sud-américain. Alors qu’ils cherchaient des idées pour poser un peu les vélos et vivre une autre expérience, ils ont relancé Étienne pour avoir le contact du Chanchita Bus au bord duquel il avait déjà fait un road trip en Argentine. Je crois qu’au moment même où ils ont évoqué cette idée, elle avait déjà fait trop de chemin dans son esprit et il ne pouvait que repartir. Peu de temps après, alors que j’étais en road trip surf au Portugal, je reçois un texto : «Ça te dirait de partir deux semaines rejoindre Nath et Soph en Patagonie pour gravir quelques volcans en ski de rando et voyager à bord du Chanchita Bus ?» J’ai juste eu à dire oui, tout était déjà prévu, et le lendemain j’avais mes billets.

Votre point de départ a été Témuco, située au sud de Santiago. Quelles ont été les principales étapes de ce voyage ? Combien de kilomètres avez-vous parcourus ?

Les principales étapes ont été définies par les volcans que nous voulions gravir, mais aussi par la météo ainsi que l’état des routes. Dans l’ordre, nous avons fait l’ascension du volcan Lonquimay, tentative d’approche du volcan Llaima, visite de la ville de Pucón, rando dans la réserve d’El Cani, ascension du volcan Villarrica, rando dans la jungle et excursion de deux jours en kayak autour d’Hornopirén. Soit un peu plus de 1000 km au total, ce qui est déjà pas mal ! J’ai tenu un carnet de route détaillé pour ceux que ça intéresse !

Comment organise-t-on un tel road trip ? Avez-vous passé beaucoup de temps en amont à le préparer ?

Pour le coup, c’est sûrement un des voyages que l’on a le moins préparé. Mais le fait d’avoir Manu du Chanchita Bus qui vit sur place et qui connaît bien la région nous a beaucoup aidé. On lui a juste dit que nous voulions faire l’ascension de quelques volcans en ski de randonnée et voir le côté sauvage de la Patagonie, pourquoi pas à bord de kayaks. Nous avons alors défini un point de rencontre, tout au sud du Chili, pour monter dans le bus et commencer l’aventure sans être trop loin de nos objectifs. Mais la réelle planification du projet s’est faite le premier soir à bord du bus, avec Manu, tous les 5 penchés au-dessus d’une carte. On s’est rapidement rendu compte qu’on ne ferait sûrement pas tout ce qu’on aurait aimé ! Nous voulions notamment descendre en direction du Parc National de Torres Del Pain pour voir les mers de glace se jeter dans l’eau bleue turquoise et observer quelques montagnes mythiques sur le chemin tel que le Fitz Roy. Mais on n’avait pas vraiment fait attention que c’était 2000 km plus bas, avec l’état des routes et le bus, ça s’est vite révélé trop compliqué.

Peux-tu nous en dire plus sur ce fameux Chanchitas Bus ?

À l’origine, il s’agit d’un vieux bus de transport Mercedes datant des années 70. Manu l’a trouvé par hasard, alors qu’il vivait en Argentine. Il était devant un garage qui voulait s’en débarrasser pour trois fois rien. Le camion était vraiment en piteux état à l’intérieur, mais le moteur fonctionnait encore parfaitement. Il ne pouvait pas s’empêcher de penser à ce qu’il pourrait donner une fois aménagé. Pour l’anecdote, le bus était en plus immatriculé «Ski 884». L’idée lui est donc venue d’en faire un camp de base pour riders venant skier sur ce continent. Il lui aura fallu 1 an pour aménager entièrement le bus et passer d’une coquille vide sans de fenêtre à un petit chalet tout confort avec 5/6 couchages. Et il faut bien entendu imaginer que ce n’est pas aussi facile qu’en France pour trouver les pièces et les matières premières, ce qui d’après lui, a été le plus compliqué à gérer.

Et comment est la vie à bord ?

La vie à bord était encore mieux que dans mes rêves. J’ai l’habitude de faire des road trips dans des petits vans aménagés, j’en ai un moi-même, mais là c’est une tout autre dimension. C’est un peu comme le rêve américain, tout est plus gros. Déjà, il y a vraiment de la place pour 5 personnes, ainsi que tout le confort d’un petit chalet de montagne. Il y a même un poêle à bois ! Mais le plus grand luxe était de ne pas conduire puisque le bus vient avec son chauffeur, Manu, ainsi que son copilote et fidèle compagnon Bengoa. Ça, c’était vraiment les vacances, car en plus d’avoir un guide local, on peut se détendre pendant les trajets. Que rêver de mieux ?

Revenons à votre objectif principal qui était de skier sur les volcans chiliens. Comment cela s’est-il passé ? Était-ce à la hauteur de vos espérances ?

C’était une expérience à couper le souffle. J’avais déjà gravi plusieurs volcans à Hawaii, en Oregon où plus récemment à la Réunion, et à chaque fois ce sont des expériences uniques. Et cette fois n’a pas dérogé à la règle puisque c’était la première fois qu’ils étaient sous la neige. Mais surtout, on a pu observer pour la toute première fois de la lave en fusion à seulement quelques mètres de nous dans le cratère du Villarrica. J’en ai encore des frissons. Rien que pour cela, le voyage valait déjà le coup. Sans compter que nous avons eu beaucoup de chance au niveau de la météo et des conditions de neige puisqu’il neigeait encore lors de notre première nuit dans le bus. Bien sûr, il y a eu un peu de frustration à voir tous les volcans culminants à perte de vue et ne pas pouvoir tous les escalader, mais il nous aurait fallu bien plus de temps !

Quelle est la principale différence avec les montagnes que nous connaissons en France et en Europe ?

Pour moi la principale différence est la forme. Venant des Alpes, je suis habitué à voir des murs dentelés dessinés par nos chaînes de montagnes à l’horizon. Au Chili, dans la région où nous étions, le paysage est relativement plat, il est seulement agrémenté de quelques grands cônes qui se dressent dans le ciel. Cônes à deux tiers blancs et sans aucune végétation sur la partie haute et un tiers vert en contre-bas, où se forme une jungle humide et dense.

Quelle anecdote retiendrais-tu de ce voyage ?

Pour contraster avec notre vie d’ermite au milieu de la nature, nous sommes allés danser pour célébrer le jour de l’indépendance du Chili. On s’est retrouvés sous un chapiteau à écouter de la musique chilienne avec toutes les générations. L’ambiance était folle et on nous a initié au Terremoto (traduis littéralement « tremblement de terre »). Il s’agit d’une pinte de vin fermenté avec de la glace à l’ananas, qui fait vibrer le sol et surtout trembler les jambes. Un délice !

Si tu devais donner un conseil pour visiter la région ?

Si vous aimez la nature sauvage, n’hésitez pas et prenez vos billets d’avion.

Enfin peux-tu nous donner ta vision d’un Vuarnet Day ?

Pour moi, un Vuarnet Day n’est pas sur la durée ni dans la planification. Que ce soit lors d’un road trip à l’autre bout du monde comme celui-ci ou une mini excursion avant/après le boulot, l’important est de s’échapper de son quotidien, se rapprocher de la nature et d’observer les belles lumières.